Association de bienfaiteurs

Le Média Solidaire et l’Atelier du réalisateur présentent

« Association de bienfaiteurs »

Aidez Concienta à révolutionner la prise en charge des sortants de prison. Ensemble, mettons fin à la récidive et à la surpopulation des prisons.

La mission de réinsertion confiée aux prisons est une faillite : le cinéma peut agir

Il est grand temps de faire évoluer notre société sur l’accompagnement des détenus, après leur sortie.

Le documentaire raconte l’histoire de Gilles Martin. Après 7 ans d’incarcération pour détention d’explosifs et braquages de fourgons blindés, il opère un virage à 180° et démontre que l’humain a droit au pardon, et le droit d’évoluer.

Il consacre sa vie à la lutte contre la récidive, et invente une méthode qui fait passer la récidive de 75 % à moins de 10 % chez les moins de 30 ans. Il a créé un centre d’accueil tenu par d’anciens détenus, qu’il appelle des « pairs-aidants ».

Malheureusement, l’institution pénitentiaire locale refuse que des détenus s’associent pour aider d’autres détenus. À ses yeux, cette démarche n’est rien d’autre qu’une association de malfaiteurs qu’il faut à tout prix stopper.

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Pièces à conviction

Refus de l’aide alimentaire après 3 ans de distribution de repas aux membres de l’association, tous sortants de prison sans accompagnement.
Refus de l’aide alimentaire après 3 ans de distribution de repas aux membres de l’association, tous sortants de prison sans accompagnement.
Lettre de refus du droit à l’hébergement d’urgence après 3 ans de services.
Lettre de refus du droit à l’hébergement d’urgence après 3 ans de services.
Extrait de la réponse au directeur du service pénitentiaire, qui reproche à Concienta que sa directrice soit fille d’un ancien détenu. Est-ce une bonne raison pour la disqualifier ?
Extrait de la réponse au directeur du service pénitentiaire, qui reproche à Concienta que sa directrice soit fille d’un ancien détenu. Est-ce une bonne raison pour la disqualifier ?

La pair-aidance appliquée aux sorties de prison : de l’innovation à la modélisation

Avec 75 897 personnes incarcérées en France au 1er janvier 2024 (+5,2 % sur un an), le nombre de détenus a atteint un nouveau record. Ce chiffre ne doit pas faire oublier l’ampleur du phénomène mesuré en flux : d’après l’administration pénitentiaire, environ 150 000 personnes passent par la case prison chaque année.

Fantasmées pendant la détention, les sorties de prison deviennent vite un parcours du combattant : 80 % d’entre elles sont des « sorties sèches », sans projet d’insertion, souvent sans droits ouverts ni domicile. Le sortant subit et intériorise le stigmate de celui qui a « fauté » : difficultés de réadaptation, accès compliqué aux services sociaux et de santé, quand ce n’est pas un refus pur et simple, discriminations à l’embauche… Et la justice lui demande de prouver qu’il mérite sa liberté, une pression peu favorable à la réinsertion.

Dans ce contexte, on estime le taux de récidive à 33 % au bout d’un an, 46,5 % au bout de deux ans et 53,7 % dans les 36 mois (ministère de la Justice, 2016). Sur une plus longue période, la plupart des études font état de 65 % à 70 % de récidive. Pourtant, la loi donne à la prison la mission de « sanctionner l’auteur de l’infraction », mais aussi de « favoriser son amendement, son insertion ou sa réinsertion » (article 130-1 du Code pénal). Dix ans après la loi du 15 août 2014 sur l’individualisation des peines, censée prévenir la récidive et favoriser la réinsertion, rien n’a vraiment changé. L’échec est criant.

Pour répondre à cet enjeu, Concienta expérimente la pair-aidance dans l’accueil et l’accompagnement des personnes placées sous main de justice, et construit des projets d’insertion avec des personnes détenues, sortantes ou sorties.

Les sortants de prison, une population particulièrement vulnérable

Une étude de 2016 dresse le profil type des sortants de prison : une population jeune, peu diplômée, souffrant d’addictions ou de troubles. La moitié avaient moins de 30 ans au moment de leur incarcération, 64 % ont un niveau collège ou inférieur, 39 % sont signalés pour des addictions et un quart a été suivi sur le plan psychologique ou psychiatrique. Cette population est aussi « socialement isolée » : la moitié n’a pas d’emploi stable, 14 % sont en situation de logement instable, plus d’un cinquième n’a reçu aucune visite pendant sa détention, et quatre sur dix n’ont eu aucun soutien financier extérieur.1

Concienta prend une place laissée vide par les acteurs sociaux, à cause de sa complexité : les 6 premiers mois après la sortie, pour des personnes souvent sans domicile, au profil addictif et violent. Cette période est très difficile : sortis pour la plupart agoraphobes, ils doivent réapprendre les codes d’une société devenue étrangère ; ils sont mal compris et ne comprennent pas les intervenants sociaux. Une défiance s’est installée envers tout ce qui représente, de près ou de loin, l’institution qui les a condamnés. Fragilisés par la détention, ils ont besoin de temps pour se reconstruire.

1 « Mesurer et comprendre les déterminants de la récidive des sortants de prison », Frédérique Cornuau et Marianne Juillard.

La pair-aidance, une innovation sociale décisive

Inspirée par Gilles Martin, ancien boxeur professionnel incarcéré de 1996 à 2002, Concienta fait de la pair-aidance le pilier d’un accompagnement global et permanent (24 h/24, 7 j/7), fondé sur le comportement et le savoir-vivre. Elle part du principe que seul un détenu réinséré peut comprendre et aider au mieux un détenu sortant : mêmes références, même langage. Dans le centre d’hébergement de Concienta, les « anciens » veillent sur les « nouveaux ».

Cet accompagnement comprend notamment :

  • une pratique sportive intensive, souvent salvatrice pour domestiquer les addictions et canaliser la violence ; Gilles propose notamment des ateliers de boxe, qui transmettent le dépassement de soi, l’esprit d’équipe, l’estime de soi, la rigueur, le respect des règles et la loyauté ;
  • des activités culturelles, sociales, sanitaires et éducatives quand la personne est prête à les intégrer : parentalité, cours de français, gestion de son argent, projet professionnel, gestion des émotions… ;
  • un parcours en 3 étapes : inclusion (démarches administratives, couverture santé, compte en banque…), insertion (emploi, logement), puis désistance (maintien du lien social grâce au « café », l’espace d’accueil du centre ouvert sur l’extérieur).

Depuis août 2021, l’association a accompagné 40 personnes, avec seulement 5,7 % de récidive. La pertinence du concept est prouvée. Pour aller plus loin, Concienta veut changer d’échelle et expérimenter un accompagnement renforcé sur les addictions et la santé mentale, avec des addictologues et des psychiatres, pour définir dès le début un parcours de soins personnalisé : c’est le projet « Club M’Aide ».

Mais, comme beaucoup d’innovations sociales, elle ne rentre dans aucune case éligible aux financements publics. Son modèle pourrait être assimilé à celui des centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS), mais l’agrément de ces structures exige un diplôme d’État, peu compatible avec le profil de pair-aidant. Aujourd’hui, Concienta a besoin :

  • de finaliser l’expérimentation, notamment sur les addictions et la santé mentale ;
  • de financer la phase de modélisation ;
  • d’obtenir une reconnaissance réglementaire ou légale de son modèle, indispensable pour qu’il essaime, pour gagner en légitimité face aux administrations pénitentiaire et judiciaire, et pour ne plus risquer de poursuites arbitraires pour « association de malfaiteurs ».